Chroniques vingt-et-unièmes — Hallucination ou fracture de l’espace-temps ? — 27 juillet 2026


 Hallucination ou fracture de l’espace-temps ?  


Elle apparaît et elle disparaît, sèche des jours de lycée, ce qui provoque la colère de son père agriculteur, lequel se tue à la tâche, ne comprend pas son attitude, exige des explications qui ne viennent pas, ce qu’on pourrait appeler l’éternel conflit de générations. Cette jeune fille, c’est Joséphine, c’est « Jo ».

On retrouve ici le spleen de la jeunesse face à un avenir incertain, au réchauffement climatique, aux guerres qui n’en finissent pas, aux avancées de l’IA. Jo marche, songeuse, quand 150 ans après sa mort, George Sand entre dans le jeu, projetée à notre âge par l’entremise d’une affiche commémorant sa disparition (hallucination ou fracture de l’espace-temps ?) C’est l’une des premières femmes à avoir voulu renverser une table un peu trop bien arrimée sur un socle de granit, à s’opposer à une société trop masculine, à avoir réussi à se libérer de l’emprise de Jules Sandeau qui n’hésitait pas à apposer sa signature sur les textes qu’elle rédigeait.

Les événements qui suivent s’imprègnent alors de cette présence, de cette inspiration, dans un dialogue montrant comment les problèmes demeurent malgré les époques.

Et ce ne sont pas les déclarations amoureuses d’un camarade de lycée, Jules (clin d’œil !), qui vont pouvoir modifier le cours des choses.

Le paroxysme est atteint quand Jo, excédée, s’apprête à incendier la ferme de son père, et ce n’est que grâce à l’intervention de la Dame de Nohant qu’elle renoncera à le faire.

Et c’est finalement par la magie des mots, par son don de l’écriture mis en exergue par celle qui la sauve que Jo va trouver un chemin en se décidant de rester à la ferme, la tête pleine de projets et épaulée par Jules, pour accompagner son père.

Quentin a aimé. Il vient en fait d’assister à une pièce de théâtre, « Le miroir d’Aurore », de l’auteur et metteur en scène Olivier Cherki. Une pièce vraiment spéciale pour tout dire, un « spectacle déambulatoire », unique en son genre, dans les rues de Sarzay, petite ville du Berry, donné par la troupe « L’Oreille à Plumes », habituée de cette contrée, dont l’originalité est de faire revivre des moments d’histoire dans leur jus, c’est-à-dire à l’air libre, pour un public attaché à ses racines.

C’est un peu son pèlerinage à Quentin. Chaque année, il y dirige ses pas après le grand tour qu’il a fait dans la région plusieurs années auparavant.

Le spectacle est terminé, il quitte la foule, happé par la nuit, sous un quartier de lune et rafraîchi par un vent tiède qui le repose de la chaleur du jour. Tout est calme, il est seul, sauf cette même présence rassurante qui l’enveloppe. 

George Sand auprès de lui ? 

« Elle est partout », nous dit la pièce.

Hallucination ou fracture de l’espace-temps ?


FIN


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Auteur chez L'Harmattan de VarIAtions (IA : le puzzle de notre futur s'assemble)

Gauthier Dambreville - Chroniques vingt-et-unièmes

20 juillet 2026

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